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Pour l'auteure de STAT, Marie-Andrée Labbé, Pascal St-Cyr n'était pas censé être aussi apprécié du public


PUBLICATION
Laurence Perron
2 juillet 2025  (16h24)
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Pascal St-Cyr (Normand D'Amour)
Crédit photo: Facebook - STAT

Quand Marie-Andrée Labbé, créatrice de STAT, a été invitée au balado Pas Peu Fières, elle s'est ouverte sur un phénomène qui semble lui échapper complètement.

Pourquoi le personnage de Pascal St-Cyr, pourtant imaginé comme un homme qu'on aurait dû trouver odieux, a-t-il réussi à se faire aimer du public?

Un méchant qui ne choque pas

Pascal, dans la série, incarne un profil qu'on associe rapidement à des comportements problématiques.
Violent, manipulateur, lié à des dynamiques qui rappellent clairement le mouvement #metoo. En théorie, tous les éléments étaient réunis pour que les téléspectateurs le rejettent.
Et pourtant, ce rejet ne s'est jamais vraiment manifesté. Marie-Andrée Labbé l'explique avec un certain étonnement: ce personnage, elle l'a pensé comme un antagoniste:
« Comment tu gères l'écriture de personnages problématiques? Exemple, Pascal dans STAT [...] C'est très compliqué d'écrire un personnage comme lui, qui représente tout ce qu'on haït, mais, sous prétexte qu'il a un passé violent, on lui pardonne des choses, mais au départ, ça devait être un personnage méchant. »

Il devait déranger, susciter un malaise, voire un rejet pur et simple. Mais au fil des épisodes, c'est l'inverse qui s'est produit.
Même les pires actions de Pascal semblent glisser sur l'empathie des spectateurs:
« Y'a jamais personne qui l'a haï. Comment ça? C'est pas de ma faute à moi, certain! Je pensais créer un personnage que les gens allaient pas aimer, et j'pense qu'il pourrait tuer quelqu'un devant nous, pis tout le monde l'aimerait pareil. Comment ça se peut? »

La force de l'interprétation ou la faiblesse des perceptions?

Ce renversement d'émotions soulève une question délicate: est-ce Normand D'Amour, l'acteur derrière Pascal, qui rend le personnage plus « acceptable »?
Plusieurs internautes l'ont souligné spontanément: avec un autre comédien, le rôle aurait probablement été accueilli bien différemment.
Normand D'Amour possède un certain magnétisme, un charisme naturel, qui semble atténuer l'impact des gestes les plus dérangeants de son personnage.
On ne pardonne pas à Pascal, on oublie de lui en vouloir.

Deux poids, deux mesures

Le plus troublant dans cette histoire, c'est le contraste avec la réception de certains personnages féminins dans la série.
Un exemple donné par l'autrice illustre à quel point les réactions sont inégales. Un homme commet l'irréparable, et on lui trouve des circonstances atténuantes.
Une femme lance une phrase un peu crue ou agit de manière maladroite, et le public s'enflamme. On lui en veut plus à elle qu'à l'homme qui tue:
« Des fois j'ai un personnage féminin qui fait une niaiserie là, et dans les commentaires, les gens sont tellement fâchés, c'est comme si elle avait tué quelqu'un, alors qu'elle a dit à Jacob: « T'es cocu! ». Pis là, lui, Jacob, il a tué son chum, et les gens sont moins fâchés contre lui, que contre Emmanuelle, qui a dit, « ouin by the way t'es cocu. » Expliquez-moi ça! »

Ce décalage, difficile à justifier, montre que, même dans la fiction, nos biais restent bien vivants.
Voici l'extrait:

Bref, ce que Marie-Andrée Labbé pensait écrire comme un vilain assumé s'est transformé, malgré elle, en figure presque sympathique.
Peut-être que l'attachement à l'acteur, ou simplement la complexité du personnage y est pour quelque chose.
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Pour l'auteure de STAT, Marie-Andrée Labbé, Pascal St-Cyr n'était pas censé être aussi apprécié du public

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